Véronique Sanson : les années américaines

0
539

 

Véronique SANSON se penche sur ses années passées en Amérique et l’influence que cela a eu sur sa musique. Il en est né un album Best of, une tournée et un livre.

Véronique SANSON est une de nos plus grandes interprètes. Elle est la première chanteuse Pop de la chanson française.
Véronique SANSON revient sur une période qui a changé en profondeur sa vie et sa musique: ses années américaines. Ce sont les années où elle a quitté Michel Berger pour suivre le musicien américain Stephen Stills du célèbre groupe  Crosby, Stills & Nash (and Young) pour vivre avec lui aux Etats-Unis. Elle en est revenue avec une musique fortement changée, novatrice, imprégnée des sonorités de la musique américaine.

Une jeune chanteuse novatrice

Après une dizaine d’années de musique Yéyé où de nombreuses chansons n’étaient que des reprises de succès anglo-saxons, la France découvre une jeune chanteuse, auteur-compositrice, assise à son piano, proposant des chansons aux sonorités nouvelles, modernes.

C’est en 1972 que Véronique Sanson sort son 1er album « Amoureuse », réalisé par Michel Berger, qui est alors son compagnon. Le disque est tout de suite un véritable succès, avec des chansons comme « Amoureuse » et « Besoin de personne ». On y trouve aussi « Bahia ». Les textes sont novateurs et les arrangements se rapprochent des arrangements anglo-saxons.

Très vite un second album est en préparation « De l’autre côté de mon rêve », qui sortira en Décembre 1972. Cet album contient des succès comme « Chanson sur ma drôle de vie », « Comme je l’imagine » et « Une nuit sur son épaule ».

Alors que le mixage de cet album est encore en cours, Véronique Sanson fait la connaissance de Stephen Stills, du célèbre groupe américain Crosby, Stills & Nash (and Young). Elle tombe follement amoureuse. Lors d’une séance de mixage en studio avec Michel Berger, Véronique Sanson s’absente pour aller acheter des cigarettes et… ne revient jamais. Elle s’enfuit en Amérique avec son nouvel amour. Sans prévenir personne. Sans donner d’explication. Et surtout pas à Michel Berger. Ce geste, quasiment inexplicable, restera une souffrance pour elle. Cela inspira une partie de son oeuvre, des chansons où elle s’adresse à Michel Berger, le seul moyen qu’elle ait trouvé pour tenter de se justifier.

L’escapade américaine : une exploration culturelle, musicale mais aussi personnelle

Véronique Sanson a soif de découvertes et d’expériences. Elle va découvrir l’Amérique et sa culture et surtout la musique américaine.

Véronique Sanson s’installe avec son mari dans sa maison du Colorado, perchée à 3000 m d’altitude, dans la neige la moitié de l’année. Un endroit très isolé, avec un piano magnifique et les musiciens de Stephen Stills à sa disposition. Elle y enregistre son 3ème album « Le Maudit », un de ses meilleurs albums, avec des sonorités plus rock, qui sortira en 1974. Stephen Stills lui-même joue sur le morceau « On m’attend là-bas ». Les textes de cet album sont plus sombres, notamment ceux de la chanson « Le Maudit »  mais aussi de « Ma musique s’en va » ou encore de « Bouddha », des chansons qui toutes évoquent sa rupture avec Michel Berger. En effet, très vite après avoir fuit aux Etats-Unis avec Stephen Stills, Véronique Sanson regrette d’avoir quitté Michel Berger, surtout de la façon dont elle l’a fait. La culpabilité s’installe et imprègne une partie de son oeuvre.

L’album « Le Maudit », encore considéré par certains comme son meilleur album, rencontre un accueil très favorable de la critique et notamment de la presse musicale. Cet album comporte aussi le titre « Alia Soûza » qui fût aussi un de ses grands succès.

En 1976, elle sort son 4ème album « Vancouver », qui devient disque d’or, puis vient l’album « Hollywood » en 1977 avec des succès comme « Bernard’s Song » (Il n’est de nulle part) et « Féminin ». Et enfin, l’album « 7ème » qui sort en 1979 avec « Ma révérence » et « Celui qui n’essaie pas ».

Elle passe donc 8 ans en Amérique, des années d’errance entre l’alcool, la drogue et la violence de son mari, mais des années riches musicalement, qui lui forgent un style pop-rock très intéressant.

En 1979, elle divorce d’avec Stephen Stills.

En 1981, Véronique Sanson sort son 7ème album studio « Laisse-la vivre », album qui clôture l’escapade américaine de la chanteuse. Il est en effet le dernier album   à avoir été enregistré en Amérique avec des musiciens américains. Cet album, double disque d’or, comporte des succès comme « Laisse-la vivre » , « L’amour qui bat »,  « Doux dehors, fou dedans » et enfin « Je serai là » que Véronique chante en réponse à la question posée par Michel Berger à Véronique à travers sa chanson « Seras-tu là ? » publiée en 1975 sur son album « Que l’amour est bizarre« .

« Les Années Américaines », un album best of et une tournée

Dans l’intermède avant la sortie de son prochain album original, Véronique Sanson propose à son public de se replonger dans la période qui constitue un tournant artistique et musical dans son oeuvre: ses années américaines. Elle sort donc un disque regroupant les chansons qu’elle retient de cette époque de sa carrière. Ce double album intitulé « Les Années américaines » comporte les grands succès des chansons enregistrées en Amérique et certains de ces titres-là dans des versions live.

Une tournée accompagne la sortie de ce best of. Véronique Sanson se produit à l’Olympia jusqu’au 13 Février. Puis part en tournée dans toute la France.

A consulter à propos de la tournée:

Un livre : Véronique Sanson, les années américaines

Yann Morvan et Laurent Calut publient, sous l’œil bienveillant de la chanteuse, « Véronique Sanson, les années américaines » (Grasset) un magnifique livre consacré aux années que Véronique Sanson a passées en Amérique. Un livre richement illustré de photos et de documents inédits d’époque qui nous fait pénétrer dans les coulisses de la création artistique de plusieurs albums de Véronique Sanson.

Les deux auteurs sont des spécialistes de Véronique Sanson. Yann Morvan tient un blog de chroniques de concerts et de disques dont bien sûrs ceux liées à Véronique Sanson (ses concerts, ceux de son fils, ceux de Crosby, Stills and Nash…). Laurent Calut, quant à lui, est en charge du site officiel de la chanteuse, ainsi que de sa page Facebook.

Véronique Sanson les a autorisé a fouiller ses archives, entassées, entreposées maladroitement, de-ci de-là chez elle, au grenier ou dans la cave à bateau (sans bateau) très humide de la maison de Treil-sur-Seine, ou chez ses parents, maintenant tous deux décédés. Violaine, la soeur de Véronique, les a beaucoup aidé dans leur recherches.

Ils ont ainsi pu mettre à jour toutes sortes de documents, comme des textes de chansons manuscrits, ou des photos comme celles de Tori Lenze, en 1972, destinées à la pochette du Maudit, ou encore des photos prises pendant l’été 1975 à Hawaï, par son ami Patrick Goldschmidt.

Ce livre nous fait découvrir de la genèse de ces chansons grâce à ces documents retrouvés, mais aussi parce qu’ils ont longuement interviewé Véronique Sanson et recueilli d’autres témoignages. Ils y ont ajouté les articles de presse des critiques de l’époque.

Pour plus d’informations

  • On n’est pas couché du 24 Janvier 2015

Laisser un commentaire