Vincent Delerm : au coeur de la création d’un spectacle et d’une expo photo

Publié le 17 Sep, 2015

Mis à jour le 24 Jan, 2020

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Le 6 mars 2026, Harry Styles montait sur scène au Co-op Live de Manchester pour la première fois depuis presque trois ans. Le concert était filmé pour Netflix. Le jour même de la sortie de l’album. Deux jours plus tard, le monde entier pouvait regarder. Voilà comment ça s’est passé — et pourquoi ça vaut vraiment le détour.

Le contexte : trois ans de silence, et un retour très calculé

Kiss All the Time. Disco, Occasionally. est le premier album de Harry Styles en quatre ans, depuis Harry’s House en 2022. Entre les deux, il a tourné pendant vingt-deux mois, enchaînant 169 concerts entre 2021 et juillet 2023, puis il a disparu des radars. Pas de single, pas d’interview, presque pas de réseaux sociaux. Il a dit vouloir passer du temps côté public, retrouver ce que ça fait d’être dans le noir, perdu dans la foule, à danser et chanter avec des inconnus.

Ce silence a duré. Et quand le retour est arrivé, il s’est fait en plusieurs étapes très précises : le 27 décembre 2025, une vidéo de 8 minutes intitulée « Forever, Forever » postée sur YouTube, assemblant des images de sa dernière tournée. Le 15 janvier 2026, l’annonce officielle de l’album. Le 23 janvier, le single Aperture et la révélation des 12 titres. Puis, le 28 février, Harry Styles ouvre les BRIT Awards 2026 en interprétant Aperture en direct — à Manchester encore, quelques jours seulement avant le concert dont on parle ici.

Le Co-op Live : une salle qui lui appartient (un peu)

Harry Styles est investisseur dans le Co-op Live, l’arène de 23 500 places inaugurée à Manchester et qui est désormais la plus grande salle couverte du Royaume-Uni. Ce n’est donc pas anodin qu’il ait choisi cet endroit pour son retour. La salle se trouve à une trentaine de kilomètres de Holmes Chapel, dans le Cheshire, où Harry Styles a grandi. Revenir ici, c’est revenir chez lui — et tout le monde dans la salle le savait.

Les billets ont été vendus par tirage au sort et fixés à 20 livres sterling, soit environ 24 euros. Un prix délibérément accessible pour un événement de cette envergure. Le message était clair : pas question de faire de cette soirée un événement réservé aux plus riches ou aux plus rapides à cliquer.

L’objet Netflix : ce que vous allez regarder

Le concert s’intitule Harry Styles. One Night in Manchester et il est disponible sur Netflix depuis le 8 mars 2026 à 19h GMT. Il est produit par Fulwell Entertainment, la société déjà derrière Adele: One Night Only et Ed Sheeran: The Sum of It All. Ce ne sont pas des amateurs du genre. Il est réalisé par Paul Dugdale.

Le spécial ne se contente pas de filmer le concert. Il inclut également des séquences en coulisses, notamment des répétitions. Ce détail a son importance : même les fans présents dans la salle ont une raison de regarder la version Netflix, puisqu’ils n’ont pas vu cette partie-là.

Autre particularité notable : les téléphones étaient strictement interdits pendant le concert. Les fans devaient sécuriser leur appareil dans un sachet opaque à leur arrivée. En échange, ils recevaient un appareil photo jetable pour immortaliser les moments forts et les partager après le show. Résultat : une salle qui regardait vraiment, sans écrans interposés, une rareté à cette échelle. Et l’assurance totale pour Netflix d’être la seule captation officielle qui circule.

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Le concert lui-même : l’album en entier, puis les classiques

La setlist suit une logique que Harry Styles applique depuis le début de sa carrière solo : à chaque tournant de sa trajectoire, il organise une soirée de ce type — nouveau matériel en intégralité, puis greatest hits en rappel. C’est devenu un rituel.

Première partie : Kiss All the Time. Disco, Occasionally. en intégralité

Le concert s’ouvre sur Aperture, avec une intro étendue pendant laquelle Harry Styles se tient debout et joue du synthétiseur (le vrai, à trous, cables et boutons, pas un clavier), entouré de son groupe, sur une scène carrée installée au centre de la salle. Son orchestre est énorme. Il y a bien sûr, guitares, basses, claviers, batterie. Mais aussi des cordes, des cuivres, des percussions, saxo et plein de synthétiseurs. C’est très impressionnant. On peut noter que parmi ces musiciens, il y a beaucoup de musiciennes. Je dirais, en gros, la moitié. C’est assez rare pour que ce soit signalé. Il est rejoint par le House Gospel Choir, qui l’avait accompagné aux BRITs quelques jours plus tôt. Donc vraiment beaucoup de monde sur scène. Par contre, contrairement à sa performance aux Brit Awards, pas de danseurs cette fois. Même si pendant l’interprétation  d’Aperture, il reprend l’espace d’un instant un gimmick de la chorégraphie des BRITs. Tout au long du spectacle, Harry Styles déambule sur cette scène, passant d’un côté à l’autre, pour pouvoir être vu de tous. À ça, il faut ajouter les cameramen qui suivent Harry au milieu de ce dédale d’instruments.

L’album s’ouvre sur quatre véritables bangers : Aperture, la transe électronique ; American Girls, avec ses basses agressives qui évoquent un jeu vidéo 8 bits ; Ready, Steady, Go!, qui marie une ligne de basse à la Chic avec des effets de souffle façon DJ ; et Are You Listening Yet?, dont les synthés renvoient à la fois à LCD Soundsystem et aux productions Stargate pour Rihanna.

Coming Up Roses est le moment vocal fort de la soirée, soutenu par un arrangement orchestral : une ballade sur le fait de se laisser aller à un nouvel amour, où la voix de Harry Styles déploie une puissance et une nuance inédites.

Dance No More fonctionne lui en pur appel-réponse avec le public — les fans reprenant en cœur le lyric apparemment absurde « RESPECT YOUR MOTHER ! », qui renvoie en réalité à la culture drag ball des années 1980.

Rappel : les classiques

Pour le rappel, Styles revient avec une version acoustique de From The Dining Table — sa première apparition en setlist depuis 2018. « Je n’ai pas joué ça depuis longtemps », dit-il. « À vrai dire, je n’ai rien joué depuis longtemps. » Puis enchaînent Golden, Watermelon Sugar, As It Was, Sign of the Times — et le concert se referme sur une reprise d’Aperture, bouclant ainsi la boucle.

L’album : de quoi parle-t-il, et d’où vient ce son ?

Pour comprendre le concert, il faut comprendre l’album. Kiss All the Time. Disco, Occasionally. a été enregistré entre 2024 et mi-2025 dans plusieurs studios à Londres, Berlin, Los Angeles et New York ,  dont Abbey Road et le légendaire Hansa Studios de Berlin, où ont été enregistrés des disques de Bowie et Iggy Pop.

Le projet est produit par Kid Harpoon, fidèle collaborateur de Harry Styles depuis le début, qui travaille aussi avec Florence and the Machine, Miley Cyrus ou Phoebe Bridgers. Tyler Johnson est également de la partie, comme sur les trois albums précédents. Pas de featurings extérieurs, pas de guests : Harry Styles reste dans un cercle fermé de collaborateurs qui parlent son langage musical.

Le résultat est un album électro orienté basses lourdes et synthés lumineux, construit comme un tout cohérent. Pas une collection de singles, mais une expérience immersive conçue pour la piste de danse. Harry Styles a souvent évoqué l’influence de LCD Soundsystem comme source d’inspiration, notamment leurs concerts, pour définir la texture de cet album. On entend aussi, selon les critiques, des références qui vont de Simon & Garfunkel au funk des années 80, en passant par la techno berlinoise. Ce qui est cohérent avec le fait que Harry Styles a passé une bonne partie de ses années de silence à fréquenter les clubs électroniques de la capitale allemande.

À sa sortie, l’album a établi le record du plus gros démarrage Spotify de 2026, avec 63 millions de streams en un seul jour — pratiquement le double de ses concurrents les plus proches cette année-là.

Pourquoi regarder ce concert plutôt que d’écouter l’album seul ?

La question est légitime. Voilà ce que le concert apporte en plus :

D’abord, Harry. Il est visiblement heureux d’être là, à jouer sa musique, devant son public.

Puis la salle. L’album étant sorti le matin même du concert, les fans apprenaient les paroles en temps réel, chantant des bribes, riant ensemble quand ils se trompaient — une énergie collective impossible à retrouver autrement.

Ensuite, l’arrangement live. Certains morceaux de l’album sont construits sur des textures électroniques et des boucles — sur scène, avec un groupe complet (notamment des cuivres, des cordes…) et le House Gospel Choir, ils prennent une autre dimension, plus organique, plus charnelle.

Enfin, il y a des moments où l’on est conscient d’assister à la fabrication d’un spécial Netflix — par exemple quand Styles descend vers le public sur la passerelle et qu’aucun projecteur ne le suit, mais qu’une caméra, si.  Ce n’est pas un défaut : c’est la réalité de ce type de production, et c’est finalement une fenêtre supplémentaire sur les coulisses de ce qu’est un « concert-événement » en 2026.

La suite : une tournée mondiale hors normes

Ce concert n’était qu’un prélude. La tournée Together, Together démarre le 16 mai à Amsterdam et comprend notamment 12 soirées au stade de Wembley à Londres et une résidence de 30 nuits au Madison Square Garden de New York à l’automne. 67 concerts au total, dans 7 villes seulement — le modèle des grandes résidences, à la façon d’un Adele à Las Vegas, mais en version stade.

Harry Styles. One Night in Manchester est disponible dès maintenant sur Netflix, avec n’importe quel abonnement standard. Durée : environ 1h37.

By Lilas Rose

Passionnée de musique et de culture populaire, Lilas Rose a travaillé près de vingt ans à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), où elle a contribué à la préservation et à l’analyse des archives télévisées et radiophoniques. Spécialiste des émissions de variétés et des portraits d’artistes, elle a participé à de nombreux travaux autour de figures emblématiques comme Édith Piaf, Eddy mitchell, Maxime Le Forestier ou Henri Salvador. Titulaire d’une maîtrise en information scientifique et technique (option image et son), Lilas Rose a développé une expertise dans la recherche, l’évaluation et la transmission d’informations fiables. Pianiste amateur et mère d’un jeune guitariste, elle s’est toujours intéressée à la pratique musicale et au choix d’instruments adaptés. Aujourd’hui, elle signe les articles de Stick2Music, un média en ligne dédié aux coulisses de la musique, aux artistes, aux instruments et à la culture musicale. À travers ses chroniques, ses guides d’achat et ses explorations des univers musicaux, elle partage sa passion avec une communauté de lecteurs curieux et passionnés.

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